JUAN JOSE PADILLA – La dernière vuelta du Pirate

JUAN JOSE PADILLA – La dernière vuelta du Pirate

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Il l’a annoncé, depuis Séville, le 24 novembre dernier, 2018 sera la dernière temporada du « Ciclon de Jerez ».

Le natif de Jerez de la Frontera qui aura 45 ans le 23 mai prochain, fêtera le 18 juin le 25eme anniversaire d’une alternative, reçu dans les arènes d’Algeciras devant le toro « Saetero » de Benitez Cubero des mains de Pedro Castillo et en présence du Nino de la Taurina.

A l’origine le Jerezano, se destinait à une carrière, non moins honorable de boulanger, loin du tumulte des plazas de toros, sous la chaleur étouffante d’un fournil, a pétrir dans un coin de sa tête des rêves de gloire et de public en liesse, qui le pousseront à troquer le tablier blanc pour le costume de lumières.

Une carrière de novillero longue de 64 paseos en deux temporadas puis l’alternative donc, avant de connaitre une période délicate, post-cérémonie, ou les opportunités se font rares et les contrats se gagnent au compte-gouttes.

L’ancien mitron, vivait un passage compliqué, il courait après les paseos et se trouvait mal dans sa peau, trop gros selon lui pour être figura del toreo.

Homme de caractère, le cyclone s’est battu, s’est fait mal, ne comptant plus les heures de souffrances, à l’entrainement, sous le soleil brulant de Sanlucar de Barrameda. Un combat salutaire, puisqu’il sut se faire une place, dans l’ombre des figuras de l’époque, dans un circuit parallèle, qui n’attire pas les grands noms, mais plutôt les belluaires en mal d’opportunités.

Des gladiateurs qui chaque après-midi affrontaient les durs à cuire de la péninsule ibérique. Miura, Dolores Aguirre, Cebada Gago, Victorino Martin, Pablo Romero, l’ancien boulanger en avait fait son pain quotidien, emmenant avec lui son charisme, sa rage de vaincre et son alegria naturelle. Il mit, ou remit sur le devant de la scène, une suerte des plus grands dangers, la « porta gayola » et qui fut longtemps la marque de fabrique de se torero atypique, aux rouflaquettes et aux costumes d’un gout parfois discutable.

Il en payât un lourd tribu, souvent. Près de 40 cornadas, un peu partout sur le corps dont deux particulièrement effroyables. La première le 15 juillet 2001, à Pamplona, lorsque lors d’une de ses habituelles porta gayola, un toro de Victorino Martin lancé comme un avion, lui transpercera le cou, trainant comme un chiffon le jerezano sur le ruedo navarrais. On craint la mort, Juan Jose en ressuscita. 15 jours plus tard il sera sur le pont à Santander une minerve autour du cou et retournera a porta gayola…

La deuxième 10 ans plus tard en Octobre 2011, lors de la Feria du Pilar de Saragosse. Au cœur d’un tercio de banderilles dont il est l’un des plus grand spécialistes, lors d’une pose « al violin », il perd l’équilibre et est chargé violemment au sol par un toro de Ana Romero qui le défigura. Là aussi les heures suivant l’effroyable cornada feront craindre le pire. Plus de 5h passées sur la table d’opération. Juan Jose a la vie sauve mais a définitivement perdu son œil gauche. A sa sortie de la clinique, le jerezano n’a qu’une idée en tête : se remettre devant les toros.

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, moins de 6 mois après ce terrible coup du sort, il est de nouveau en piste dès le début de la temporada 2012, à Olivenza puis à Arles où sous une ovation dantesque, il sortira par la grande porte après avoir coupé 4 oreilles.

Le cyclone était devenu le « pirate ».

Il entame alors une seconde carrière, désormais face à des devises plus commerciales et avec le soutien sans faille d’un public qui l’a toujours accompagné dans sa lutte.

Certes dans ce créneau, sa tauromachie parfois peu académique, voire électrique, dénote de la douceur d’un Manzanares ou de l’art andalou d’un Morante, mais ce style correspond à merveille au caractère volubile et enjoué de Juan Jose le survivant.

Il se classe dès lors aux premières places de l’escalafon (1er en 2013,2014 et 2017) et nul doute que cette ultime temporada le verra passer par ses « plazas talisman » que sont Pampelune, Bilbao, Santander, Jerez ou Saragosse et surtout Séville ou il finit par ouvrir la Porte du Prince en 2016, preuve que par le combat, la volonté, la foi et la détermination, toutes les batailles de la vie peuvent se gagner…

Un torero mais surtout un homme qui laissera une marque indélébile dans la mémoire des aficionados, qu’ils soient de l’époque toriste du matador de Jerez ou toreriste de sa deuxième carrière. Un garçon qui a payé de sa chair pour sa passion, pour son dévouement au seigneur toro, et qui tout au long de ses 25 dernières années a gravé le mot RESPECT sur le sable de toute nos arènes..

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