Home CHRONIQUES LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Ángel Peralta – Je suis juste parti avec la marea

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Ángel Peralta – Je suis juste parti avec la marea

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Ángel Peralta – Je suis juste parti avec la marea
609
0

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Ángel Peralta – Je suis juste parti avec la marea

J’ai si souvent galopé dans Las Marismas du Guadalquivir, entre les salicornes….
Ce soir j’ai juste ressenti comme une douce fatigue, alors je me suis laissé emporter par ce petit air marin qui vous sale les lèvres et vous fait espérer juste un peu d’eau douce.
Mais cette eau douce il faut la chercher au plus profond de la terre.
Je n’ai plus le temps, je suis si fatigué.
Oui ce soir je préfère voler et me souvenir…
Je suis resté à cheval si longtemps.
On vous dira que c’est moi qui ai eu la plus longue carrière de rejon.
J’ai eu tellement de chevaux et tellement de femmes que je dois plisser mes yeux si bleus pour me souvenir.
J’ai eu aussi tellement de trophées.
Il fut un temps où l’on ne parlait que de moi.
En 1971, j’ai tout de même fait 126 fois le paséo!
Et notre parcours avec les quatre cavaliers de l’Apotheose…
Avec José, Álvaro et mon frère quel plaisir nous avons pris!
C’est vrai, j’ai beaucoup aimé les chevaux mais aussi les dames.
J’étais si beau sur mes chevaux.
Je me souviens d’un jour à Séville ou j’avais déposé une rose rouge dans le corsage d’une belle en mantille.
Cette rose a troublé le toro que je combattais, Bambucco, qui excité soit par la belle soit par la rose, s’est mis à charger mon cheval brutalement.
La dame troublée lança sa fleur sur la piste.
Je mis alors pied à terre, ramassai la rose, coupai une banderille et la fixai au harpon, puis j’adressai un brindis à la sevillanne.
Par la suite pour ne plus effrayer les dames qui viendraient me voir, je décidai de couvrir d’une rose les blessures des toros
Ainsi fut crée la Suerte de la Rose.
Des histoires pareilles j’en ai cent, j’en ai mille.
À soixante ans j’étais encore le plus séduisant.
Je n’ai pas craint de me mesurer au jeune João et malgré une grave blessure en 90, j’ai voulu revenir à Madrid en 92.
Mais quel souvenir merveilleux que ce bel hommage à la Réal Maestranza en 93 oú j’ai retrouvé votre Luc et les autres.

J’ai toujours eu une affection particulière pour votre camargue.
Je me souviens d’ailleurs d’une toute jeune de vos reines.
Dans les années 66 je pense, c’était une beauté.
Elle s’appelait Françoise.
J’ai fait tout ce que j’ai pu pour la séduire..
Pas de chance un frisé me barrait l’horizon
Je n’ai jamais compris ce qu’il avait de mieux que moi…
J’y ai souvent repensé, ça fait parti des mauvais coups que votre mistral m’a fait.
Tout comme le rejon d’or que Luc m’a soufflé à Mejanes d’ailleurs.

Enfin, le temps a coulé depuis.
Je ne suis pas rancunier.
Je suis donc parti porté par ma marea à moi…
Je vole de plus en plus haut.
Je vais retrouver mes chevaux.
Je vais retrouver les miens.
Je vais retrouver Luc…. et enfin, on va pourvoir régler nos
comptes.
J’ai un avantage sur lui.
Oui, pour les chevaux et les femmes, je n’ai pas grand chose à lui apprendre…
En revanche, je suis aussi un écrivain et un poète.
Je vais l’obliger à répondre à toutes celles qui lui ont écrit….

Hasta luego amigos
Nous nous retrouverons!

ANGEL…..
Photo du web

609

LEAVE YOUR COMMENT

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *