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LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – ANTICO COUNFRARIE DI GARDIAN

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – ANTICO COUNFRARIE DI GARDIAN
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ANTICO COUNFRARIE DI GARDIAN 

Je suis né un soir d’hiver dans une pauvre cabane, entre les deux bras du Rhône.
Mon père était gardian comme son père et son grand-père et moi aussi j’ai suivi leur trace.
C’était notre vie, c’était notre passion.
On gelait six mois et on grillait les six autres mais on était pas malheureux.
Quand Yonnet l’ancien menait ses taureaux à Toulon, on traversait le grand Rhône près de son embouchure et je vous prie de me croire que c’était pas vos gazes pour parisiens.
Il faut dire que le mot touriste nous était complètement étranger.
Le grand mas vivait pratiquement en autarcie.
Quand il faisait trop froid nos femmes à nous les pauvres gardians retournaient à Arles pour que les petits aient moins froid.
On attendait qu’une chose, l’été pour ses fêtes.
Toute la camargue descendait alors à Arles pour la première, la Saint Georges, maintenant c’est pour le Premier Mai.
On mettait nos plus beaux habits, on brossait nos chapeaux et nos bottes et on allait faire bénir le pain à la Major.
Notre confrérie avait été fondée en 1512, elle assurait les obsèques des pauvres et surtout servait de caisse de secours mutuel.
Avec elle on se sentait fort, personne allait à l’école et c’est elle qui nous défendait face aux propriétaires qui nous employaient.
Depuis tout a changé, l’éducation est arrivée, les cabanes ne servent plus qu’aux vacanciers mais nos petits fils et arrières petits fils continuent à resserrer ces liens de camaraderie, à défendre notre territoire et nos belles traditions et à venir en aide aux gardians.
Plus de 500 ans après sa création, Frederic Lescot continue lui à tracer la draille suivi par les gardians, les manadiers, les membres actifs, les membres honoraires, enfin par n’importe qui, ceux qui ont été présentés et acceptés tout de même.

Alors demain, quand je verrai tous vos beaux chevaux, je penserai au mien, enterré là-bas, droit avec sa selle près des salicornes et des saladelles.
Sachez que je vous regarderai de là-haut et que je serai fier…
Fier de vous les gardians, mes fils…..

Photo Dany Cœur

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