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LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – ET MAINTENANT QUE VAIS-JE FAIRE…..

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – ET MAINTENANT QUE VAIS-JE FAIRE…..
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LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – ET MAINTENANT QUE VAIS-JE FAIRE…..

ET MAINTENANT QUE VAIS-JE FAIRE…..

Là-bas à Sanlúcar, le long du Guadalquivir il fait encore frais.
Plus tout-à-fait sombre mais pas encore clair.
Un torero court comme tous les matins.
On pourrait le croire seul.
À quelques foulées derrière lui apparaissent soudain d’autres hommes.
Sept exactement, tous bruns et dorés comme des maçons madrilènes, coulant de l’eau venue d’on ne sait où tellement ils sont secs.
C’est Juan José et sa cuadrilla qui martyrisent leur corps chaque jour un peu plus pour en tirer le meilleur.

Et je me souviens…
D’apprenti boulanger à apprenti torero, un chemin épineux pour arriver à l’alternative en 94.
Les contrats ne pleuvent pas, alors pour se faire remarquer il décide d’être différent.
Comme le Pana il devient un spectacle à lui seul.
Jamais très bien coiffé, des pattes copiées aujourd’hui par notre Morante et des habits le plus criards possible.
Chez lui pas l’élégance et la lenteur des passes d’un Juan-Bautista, non il lui faut des oreilles coûte que coûte, à la pointe des cornes.
Sa spécialité la porta gayola, attendre seul à genoux que la bête dont il ne sait rien, sorte du Toril, éblouie par la lumière.
Alors dans un mouvement large, il passe la cape dans son dos et détourne de quelques petits centimètres le monstre de 500 kg.
Un autre de ses points forts et la pose de banderilles, c’est spectaculaire et plait au public.
Mais il est encore un torero presque de seconde zone.

En octobre à Saragosse il fait encore chaud et quand il fait chaud on imagine pas le malheur.
Il est pourtant là, tapi qui attend sa minute.
On est en 2011, à la Feria du Pilar.
Padilla glisse et le toro lui inflige une terrible blessure au visage, sa corne lui déchire la joue, le nerf optique et lacère l’œil gauche.
On le croit mort, il n’y voit plus.
Deux opérations, une de neuf heures et l’autre de douze.
On lui met une plaque de titane sur le visage, on lui reconstruit le maxillo-facial, le nerf optique, on lui greffe un nerf du mollet dans la zone allant de la nuque au cerveau.
Opérations réussies mais début de souffrances atroces.
Il n’en ai jamais qu’à sa 38ieme blessure….

Deux semaines plus tard le moral est de retour.
Je ne veux pas que l’on me plaigne, je me battrai et je reviendrai vêtu d’or.
En mars 2012, habillé de vert, un bandeau sur l’œil, il défile avec sa cuadrilla dans les arènes d’Olivenza sous une formidable ovation.
Il affronte un Nunez et lui coupe une oreille.
De torero modeste il est devenu une figura, un modèle, tout le monde reconnaît son courage et l’admire.
Son visage s’est reconstruit, à force de travail il a vaincu la paralysie qui lui tordait la bouche mais il souffre toujours.

Il a décidé que 2018 serait sa dernière temporada.
Lydia son épouse, Paloma et Martin ses enfants l’attendent.

Casas nous le sert en plat de résistance le Dimanche 20 Mai
À 18 heures.
Ce sera la dernière fois…

Et maintenant que va-t-il faire
De tout ce temps
Que sera sa vie…….

Première photo du web
Seconde photo  José Luis Espinosa-Naranjo

 

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