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LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Les arènes de Marie-Rose

LA CHRONIQUE DE DANY COEUR – Les arènes de Marie-Rose
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LES ARENES DE MARIE-ROSE

 

C’est une histoire d’amour comme il n’en existe plus, une histoire d’amour comme en voudrait tous.

Elle est née en 1909 Marie-Rose et dans ces années-là les distractions étaient peu nombreuses.

Son fiancé faisait partie de la musica alors le dimanche elle allait le voir jouer, puis il est devenu son mari et elle a continué.

Mon dieu que ces jours-là étaient insouciants!

On y allait en famille, avec les voisines, les paniers plein d’oreillettes et de citronnade.

On se laissait entraîner par ces airs si joyeux, il faisait beau, les cigales s’égosillaient….

C’est là que Marie-Rose a commencé à aimer ses pierres.

Longtemps, longtemps bien après que son mari soit mort, elle a continué à venir y respirer quelques heures, comme une odeur de bonheur.

Le bonheur qu’elle y avait connu avec son amoureux.

Sa fille y a appris à marcher en se tenant à la barriera, puis ses petits enfants.

Elle pourrait vous parler de tous les cocardiers qui y sont devenus célèbres et de tous les toreros qui y ont usé leurs zapatillas.

Et elle a été tellement fière quand le petit Bernard a pris la place de Ferdinand.

Bernard elle l’avait vu naitre, elle avait tremblé pour lui quand il était devenu SImon.

Maintenant elle allait pouvoir respirer plus tranquillement.

Enfin, Bernard-Simon…

Je ne suis pas sûre qu’on puisse être vraiment sereine quand on aime l’homme….

Et le temps a passé.

Les années ont pesé de plus en plus lourd.

Elle y est venue le plus longtemps possible Marie-Rose se ressourcer comme elle disait mais un hiver ses jambes ont commencé à s’endormir.

Au printemps ce n’était plus possible.

Elles avaient pourtant deux rêves qui l’aidaient à continuer Marie-Rose :

-revoir toréer Marie-Sara

-revoir David Mora

Il paraît que quand on prie beaucoup les choses arrivent.

Je ne peux pas vous dire si c’est un coup de la vierge mais pour les vendanges de l’an dernier, elle a été exaucée Marie-Rose.

Elle était là, radieuse dans son fauteuil, David, le grand David à ses pieds qui lui envoyait sa montera.

C’est mon plus beau souvenir.

 

Alors quand CASAS a annoncé ses cartels jeudi dernier et que j’ai entendu que Mora serait là, j’ai de suite pensé à Marie-Rose.

Comment la retrouver?

Votre serviteur, la tête de mule de service, a passé trois nuits à égrener toutes les photos de ses followers, profil et page, bien cinq mille….

En effet, je me souvenais avoir vu son portrait dans l’album de l’un d’entre eux.

Je n’ai pas voulu ennuyé la vierge qui a déjà assez de boulot comme ça, mais miracle, dimanche matin j’ai retrouvé le nom de sa petite fille et j’ai pu savoir ce que devenait Marie-Rose.

 

Elle aura 108 ans cette année.

Sa vie se termine doucement au milieu des photos de ses toreros.

Dès que quelqu’un va la voir elle demande :

« Et mes arènes comment vont mes arènes? »

Je lui ai fait dire que son Bernard se porte comme un charme

Que ses pierres sont toujours en place et que nous penserons tous à elle quand David rentrera sur le ruedo.

Alors, je regarderai en face au premier rang, et entre deux larmes je la reverrai serrer la montera contre son cœur.

Il paraît qu’elle murmurait « je suis la princesse, je suis la princesse »

Et si vous êtes là, comme moi vous vous souviendrez,

Une vie ordinaire

Une vie qui se termine

Une vie de MARIE-ROSE…..

Une vie d’amoureuse

Une vie d’aficionada….

 

marie rose

Photos  Gérard Pauleau

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