ROMAN, Tout une histoire..

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Entre Feria des Fallas ou Festival des Vieilles Charrues et paëlla sur brasero ou kouign amann sur caramel au beurre salé, le cœur de Roman Collado Gouinguenet, balance entre deux régions à forte identité culturelle…

Un espagnol-breton ! Peu commun ! Qui plus est dans le toreo !

L’histoire de Roman, né il y a 25 ans d’un père valencian et d’une maman native de Saint-Brieuc démarre par une diagonale reliant les Côtes d’Armor aux plages méditerranéennes de la Comunidad Valenciana.

Une histoire que l’on pourrait conter tant dans la langue de Cervantès que celle de Molière, que le garçon maîtrise à la perfection, sans le moindre accent! D’ailleurs si vous l’appelez « Romain », à la française, il vous répondra avec un large sourire, que Manuel Escribano lui jalouserait presque…

Mais c’est loin de la Bretagne que le garçon vit le jour le 15 mars 1993, à Valencia précisément, où il étudia au lycée français de la ville et où il fit ces premiers pas dans le toreo en s’inscrivant à l’école taurine locale à l’âge de 11 ans en 2004. Sept ans plus tard, il fera des débuts poussifs en novillada piquée non loin de là, à Algemesi. Une oreille et un toro qui regagne vivant les corrales, les trois avis entendus…

En mal de contrats et sans apoderado, le franco-espagnol gagne l’Andalousie où il court les tentaderos, faire le «tapia» pour arracher une passe ou deux …
Il quémande une opportunité pour une novillada des Fallas 2012, que l’on lui refuse, l’estimant peu préparé pour une arène de cette importance. Mais le blondinet à la tête dure comme un menhir et insiste auprès de l’empresa qui finalement, dans le money-time de la confection des cartels lui offre le poste. Une novillada d’El Parralejo aux côtés de Conchi Rios et Fernando Adrian. Son seul contrat de l’année…

Face à son premier adversaire et devant les caméras de Canal +, Roman coupe une oreille avec forte pétition de la seconde. Dans la foulée, entre deux toros, il est abordé par Simon Casas dans le callejon qui lui propose son aide. Il toréera le second, désormais apoderé par le nîmois. Il fera une vuelta al ruedo.

Tout s’accélère alors. Deux contrats de plus à Valencia, où il coupe trois oreilles à des novillos de Parlade avant d’y être désigné triomphateur de la saison. S’en suive 14 autres paséos notamment à Arnedo où Pamplona. Il devient un novillero important avec 24 paseos en 2013 puis 4 en 2014 avant de prendre l’alternative.

Valencia, terre paternelle l’a sorti de l’ornière et Nîmes, cœur taurin de la patrie maternelle le consacre matador. A bien faire les choses, cartel franco-espagnol : El Juli et Sébastien Castella pour le voir couper deux oreilles au toro de la cérémonie, de Garcigrande.

La bonne ambiance engendrée et le doctorat réussit lui offre une dizaine de corridas en 2014. Avant que tout ne s’écroule l’année suivante avec un seul compromis en 2015 chez lui à Valencia. La confiance s’effrite quelque peu mais les Fallas de 2016 le relance.
Il fait une vuelta et coupe une oreille à des toros de Capea et sauve la corrida d’ouverture, alors que son aîné El Soro frôle le ridicule le même jour…
Il confirme son alternative à Madrid en mai suivant.

Madrid, y passe le salut ou creuse la tombe de ceux qui navigue entre deux eaux. Le 15 août il coupe une oreille à Jaranero d’El Montecillo et se gagne un poste pour la Feria de Otoño. Il coupe de nouveau un trophée à Laminado de Fuente Ymbro. La machine semble lancée, Roman comptera parmi les toreros à suivre l’année qui suit.

Nîmes, Saragosse, Dax, Arles ne le voient triompher malgré un toreo sincère et intègre, la chance au Sorteo n’a pas son sourire… Madrid le double pour la San Isidro, sans grand succès … il faut relancer la machine. Au début de l’été il coupe une grosse oreille à Pamplona, la confiance revient et Madrid aussi, de nouveau un 15 août. Toros de Joselito avec Juan Leal et Ivan Vicente, franco-espagnol, comme un signe… il coupe deux oreilles, deux très grosses oreilles qui lui ouvrent en grand la porte de l’arène la plus importante du monde et coupe dans la foulée une oreille de valeur aux très redoutés Toros de Miura à Bilbao.

2018 sera une année charnière. Le valenciano-briochin est embauché partout : Séville, Madrid, Valencia, Nîmes… Il se dit enjoué à l’idée de prendre tous les encastes, tous types de toros. Pour preuve sur ces trois engagements madrilènes il affrontera de nouveau les Miura après avoir combattu les Fuente Ymbro et Juan Pedro Domecq.

Ni torero de seconde zone, ni figura, lui et son entourage n’en demeurent pas moins très ambitieux. Son fondé de pouvoir prédisant « à la fin de la saison il pourrait acheter une finca » , ou pourquoi ne pas investir le marché aux poissons de Saint-Malo. Après tout, le maitre Enrique Ponce, un autre valencian tiens, à bien fait fortune « aussi » dans la production d’huile d’olives…

Pour en arriver là et même si point de gloire n’est acquise, Roman Collado Gouinguenet, en a sué, s’est perdu avant de se relever, s’est battu à nouveau et le travail semble porter ces fruits malgré les deux sérieuses blessures qu’il vient  de subir coup sur coup à Valencia et Séville dimanche.
Le proverbe breton le dit « Gant ar boan ag am hamzer a-benn a bep tra e teuer » « avec de la peine et du temps on vient à bout de tout »

Kenavo Roman y mucha suerte.

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