ARLES (07-09-2019) Un adieu oui, mais quel bonheur, Merci Maestro

ARLES (07-09-2019) Un adieu oui, mais quel bonheur, Merci Maestro

ARLES (07-09-2019) Un adieu oui, mais quel bonheur, Merci Maestro

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Arenes d’Arles. Feria du Riz. No hay billetes. 6 Toros de Nunez del Cuvillo (1) noble, Garcigrande (2) de peu de race, Adolfo Martin (3) brave au cheval, La Quinta (4) noble, brave et offrant un grand jeu, Juan Pedro Domecq (5) noblissime et Vegahermosa, gracié.

Vuelta al ruedo posthume pour le quatrième exemplaire, Secretario, Numéro  36, 510kg de La Quinta et pour le quinto, Jaraiz, numéro 87 de 500kg de Juan Pedro Domecq.

Le sixième, Ingenioso, N°19, de 530kg, de Vegahermosa fut gracié.

A l’issue du paséo, fut joué l’hymne national espagnol puis la Marseillaise.

Présidence: Madame Sandra Monteils accompagnée de Messieurs Didier Garrigues et Jacky Boyer

ENRIQUE PONCE: deux oreilles, silence et deux oreilles et la queue

JUAN BAUTISTA: oreille, deux oreilles et deux oreilles et la queue symboliques

Enrique Ponce débuta devant Espantado (520kg) de Nunez del Cuvillo salué majestueusement avec la percale par veroniques suave et revolera. Deux piques homéopathiques entrecoupées d’un joli quite par chicuelinas et conclu par larga cordobesa. Quite de Juan Bautista par chicuelinas et tafalleras. Le maestro de Chiva brinda à Juan Bautista une faena joliment débutée genou fléchis par doblones, gagnant le centre pour un divin changement de main. S’en suivent trois séries droitières marquées du sceau de la douceur, de ce temple inexplicable, qui conduit la charge noble du Cuvillo pour des échanges langoureux qui mirent d’emblée le feu aux étagères. Passage gaucher lors duquel le valencian du un peu plus être en phase avec les canons avant retour droitier en se ployant du plus bel effet. L’épée ne fut pas de la même beauté, arrière et tendida, mais le fauve roula rapidement au sol. Deux oreilles unanimement réclamées.

Le valencian salua prudemment, par fuera, Volador (515kg) d’Adolfo Martin, qui s’employa lors de la première rencontre, puis prenant la deuxième de plus loin, puis une troisième, partant de l’extrémité du cercle, une troisième dose épicée qui pesa sur le comportement de l’astado. Muleta en main, le maestro mit un certain temps à trouver  la bonne carburation. Le toro marqué du V couronné paya certainement le troisième puyazo car il manqua de chispa dans ce dernier tiers. Ce qui n’empêcha pas quelques violents coups de casque. Ponce joua majoritairement du pico dans un premier temps, soignant la posture, épisodiquement par quelques gestes soyeux. Le valencia se recentra quelque peu mais ne tira finalement pas grand chose de son opposant. Quelques muletazos isolés de belle note avant échec avec la rapière puis demi lame concluante.

L’ultime, Jaraiz (500kg) de Juan Pedro Domecq fut correctement salué avant deux piques sans style. Ponce brinda au public une faena brillamment débutée par de fins muletazos maison, galbe et posture soignée à son paroxysme. Un début qui fit immédiatement jouer la musique et les chœurs dans un ensemble à la fois baroque et bohème qui conquit un public festif et porté par la douce tauromachie poncista. Tout les fondamentaux n’y sont pas c’est vrai, mais c’est beau ne le cachons pas. Face à un toro noble et qui chargeait de bon cœur, le maestro de Chiva s’en donna à cœur joie, déployant tout le répertoire de la maison, des condesinas aux poncinas revues et corrigées. Entière en place avant excès de générosité du palco qui octroya une queue et offrit une vuelta gracieuse au cornu.

Juan Bautista distilla, dans la poussière, quelques bons lances de cape devant Arrogante (505kg) de Garcigrande. Deux rencontres sans grand style avec la cavalerie. Le maestro arlésien offrit son combat au respectable avant de devoir composer avec un astado qui n’avait dans le ventre qu’un petit fond de noblesse. Après une première partie de faena frileuse, les débats s’envolèrent lorsque Juan Bautista prit la gauche pour aligner une demi douzaine de naturelles empreintes de décision et de pouvoir. Le retour droitier fut d’un meilleur niveau par la suite, avant que le futur retraité des pistes ne fasse grimper la note par cartucha de pescao, condesinas main gauche, luquecinas puis naturelles de belle facture, tirant tout ce qu’il pouvait d’un toro de peu de race. Tentative de recibir avortée avant demi lame de nouveau à recibir, concluante. Oreille

Face au La Quinta, nommé Secretario (510kg), l’arlesien signa une belle réception par un enchaînement de véroniques et chicuelinas. Tiers de piques relevé par deux bonnes rencontres, la seconde en plaçant le cavalier sous l’arrastre. Juan Bautista dédia son combat à ses enfants et son épouse pour une faena initiée de la droite gagnant progressivement le centre en soignant le geste. Le La Quinta se montra d’une grande noblesse, possédant un bon fond de caste, répondant à chaque cite avec la même envie, en montrant une certaine classe. Juan Bautista l’embarqua dans un trasteo parfaitement maîtrisé et majoritairement droitier. Le maestro arlésien alterna les passage au fin tracé, en baissant la main, accompagné par l’orchestre et les chœurs à l’unisson. Estoconazo recibiendo faisant son effet rapidement. Deux oreilles et vuelta al ruedo au cornu.

L’ultime toro de la carrière de Juan Bautista se nommait Ingenioso (530kg) de Vegahermosa salué par larga de rodillas. Le cornu alla seul affronter la cavalerie sur le premier assaut avant deux autres rencontres sous l’arrastre, le toro partant de loin, bien consentit par Puchano. Le maestro arlésien se chargeait ensuite de la pose des bâtonnets qu’il partagea avec ses banderilleros. Juan Bautista brinda au ciel… la suite se passe réellement de quelque commentaire… L’excellent Ingenioso était le toro rêvé pour dire adieu, noble, brave, vibrant avec un rythme et une mobilité incroyable, ce toro buvait littéralement le leurre. Juan Bautista en face, toréa avec un plaisir immense, des deux mains, faisant preuve d’une maestria folle, majestueuse, avec temple, douceur et précision, relâchant corps et âme…Une bondieuserie au milieu d’un océan d’émotion. Dans un délire indescriptible, de 10000 âmes portées, subjuguées par ce torrent de bonheur, tomba des tendidos une unanime pétition de grâce. Et en bas, ce toro au pelage colorado qui n’en finissait plus de charger… sans aucune discussion possible, le mouchoir orange tomba du palco. Quelle après midi, quel bonheur.

Dans cet élan d’émotions, le banderillero Jose Maria Tejero demanda à Juan Bautista de lui couper la coleta.

Plus haut, bien plus haut, s’érigeait en diva Anne-Céline , l’épouse de Juan Bautista, qui monta au pupitre pour interpréter “L’hymne à l’amour”. Magique.

Maestro. Merci.

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