FERNANDO ROBLEÑO, l’anti star par excellence…

FERNANDO ROBLEÑO, l’anti star par excellence…

FERNANDO ROBLEÑO, l’anti star par excellence…

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Dans le jargon taurin, on pourrait dire de Fernando Robleño qu’il est un «  Pedazo de torero »…

Un torero de caste, au courage brutal, adroit, clairvoyant, déterminé,  volontaire et qui semble malheureusement inédit lorsque sortent çà et là les affiches à venir…

Car nous parlons là d’un torero qui en 2019 entamera sa dix-neuvième année d’alternative. Cérémonie qui eut pour théâtre les arènes de Torrejon de Ardoz un 20 juin 2000, devant « Girasol » de Torrealta avec Morante de la Puebla pour parrain, sous les yeux du tout jeune El Juli.

Fernando Robleño sortait une carrière de novillero prolifique et prometteuse, concluant notamment la temporada 1999 à la seconde place de l’escalafon de la catégorie, avec 55 paseos au compteur pour 82 oreilles et 3 rabos, et s’offrit le luxe d’ouvrir la Grande Porte de Las Ventas le 13 aout.

Hors « système », le torero natif de San Fernando de Henares, est donc logiquement écarté du grand circuit jusqu’en 2002, année où il intègre les rangs de la Casa Chopera. Il est alors lancé, malgré une quasi inexpérience dans un autre circuit, plus modeste, mais ô combien loyal… celui des corridas dites « dures »…

En 2002, début de son idylle avec la capitale du toreo. Le jeune belluaire fonctionne à plein régime et va conquérir par deux fois le Graal en la matière: La Grande Porte de Las Ventas.

Le 21 avril d’abord où dans un cartel composé par le jeune Ivan Vicente et le Niño de la Taurina, Fernando va couper deux oreilles aux toros du Conde de la Maza.

Il y revient le 13 octobre cette fois accompagné par Luis Francisco Espla et Jose Ignacio Ramos pour affronter des toros de Victorino Martin. Le petit madrilène va livrer un combat épique, héroïque, face à Molesto, le sixième toro de la soirée qui lui infligea deux sévères volteretas. Deux oreilles et nouvelle sortie à hombros.

Mais l’autre histoire d’amour de Fernando Robleño se situe de l’autre côté des Pyrénées. Aux pieds du Vallespir, dans la vallée du Tech : Céret.

Fernando s’y présente pour la première fois un 15 juillet 2000, moins d’un mois après avoir était sacré matador de toros, à sa gauche Frascuelo, à droite Richard Milian, deux monstres de la tauromachie. Il coupera ce jour-là deux oreilles aux toros de Valverde et Rocio de la Camara. Depuis, il en est le torero incontournable : 18 temporadas de présence sur le sable cérétan, 21 corridas, 19 oreilles et 5 grandes portes et croisant le fer avec ce qu’il se fait de mieux en matière de durs à cuire : Adolfo Martín, Victorino Martín, Dolores Aguirre, Cuadri, Escolar Gil, Miura, Hernandez Pla, La Quinta, Saltillo où Sao Torcato récemment.

Avec plusieurs combat mémorables, comme notamment, face à un tueur à gages de chez Hernandez Pla en 2008 où ces naturelles éternelles données à un toro d’Escolar Gil en 2011. Mais c’est surtout en 2012 que Fernando va marquer d’une pierre blanche son amour avec cette aficion exigeante et fidèle, en s’alignant seul au paseo d’une corrida marquée du fer de Jose Escolar Gil. Pas un de ces seuls contre six à l’eau de rose, ou les invités sont triés sur le volet non ! Un véritable combat ! Quatre oreilles et pour l’heure, cinquième et dernière sortie par la grande porte.

Presque vingt ans après ces débuts, Fernando ne semble en rien avoir perdu foi en son aficion, en cette soif de vaincre qui semble ne jamais vouloir s’étancher. Fernando Robleño, torero antisystème par excellence accepte son sort, dignement, conscient de ses capacités et déterminé encore et toujours à combattre tout ce qu’il existe de plus viril en matière de toro bravo.

Un torero, que dis-je, un « torerazo » capable lorsqu’il vous semble enfermé dans un espèce de cauchemar sans issue, de « peguer » trois naturelles révolutionnaires, pour l’histoire.

Fernando Robleño n’en a pas fini avec les toros, il l’a prouvé encore, à l’occasion d’une dix-huitième temporada hélas peu garnie en termes de contrats. Céret toujours, mais surtout Madrid le 9 septembre dernier où il livra un combat sous haute tension, âpre, viril, intense et ô combien sincère devant Navarro de Valdellan.

Bien loin du circuit « strass et paillettes », Fernando Robleño n’en demeure pas moins un torero légitime et ce, même si une nouvelle génération de dénommés belluaires s’affairent dans cette catégorie de spectacles. Un chef de lidia impeccable, régulier et honnête.

Faire du neuf avec du vieux. L’expression semble péjorative mais détrompez-vous il n’en est rien. A l’heure où les lignes paraissent vouloir bouger, dans tous créneaux, Fernando Robleño est là et bien là. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur lui, en tout cas moins que le système, besogneux, lui-même.

Plus riche, il ne le serait guère avec quelques contrats de plus c’est vrai. Mais cette maturité, conjuguée à un courage sans bornes, une autorité implacable, offrent à elles seules encore aujourd’hui, et malgré les années, toute une légitimité à voir le nom de cet immense lidiador inscrit sur les affiches de France et de Navarre…

 

Pierrick Charmasson

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