Du bon temps d’antan

Féria de Chateaurenard le mardi 6 août 2019 à 18H. Malgré le report de la corrida 15 jours après la date initialement prévue, les organisateurs Fiesta Y Toros, ne furent pas en mesure de bénéficier de la présence du Maestro Enrique Ponce insuffisamment remis de sa blessure à Valencia. Ils ont décidé, pour le remplacer au sein du cartel, de faire confiance à Stéphane Fernandez Méca.

Une minute de silence en hommage au jeune manadier Jordan Boiselle de 25 ans disparu dans un accident de cheval dans la manade des Alpilles.

Petite cérémonie de célébrations des 30 ans alternatives de Méca , 25 ans de Conde et 10 ans Roman Perez.

6 Toros de La Quinta d’encaste Santa Coloma. Très correct de présentation armée bas mais solide et en pointe. De trapío harmonieux et parfaitement bien nourrit. Trois toros supérieur (3,4 et 6eme) et le reste bon. Tous braves, mobile et encasté. Seul le second montra un peu de faiblesse. Vuelta posthume à “Colmentiente” numéro 21 né Décembre 2014.

Sortie à hombros de Roman Perez et mayoral de la Quinta Francisco Moriana. Encore un bon lot de la Quinta durant cette temporada.

Stéphane Fernandez Méca, vêtu de blanc, cheveux ras avec une tenue physique irréprochable pour son âge attaqua par une bonne réception de capote avec son sens assuré des terrains et de la lidia. Un pensionnaire de Martinez Conradi était très correct de présentation et fut brave en deux piques. A noter un très bon tercio banderilles de Mehdi Savalhi primé d’un salut sous la musique. Le grisonnant était noble et s’élançait avec entrain. Le Nîmois fut à la hauteur. Petit à petit le Gardois entra dans la faena à droite et réussit avec patience à trouver la distance à gauche pour servir deux belles séries dans son style puissant. Une demi-lame suivie d’une entière longue d’effet lent. Un descabello Ovation au centre.

Javier Conde s’enroula somptueusement au capote avec un toro gris bien rond et plus faible. Le cornu poussa fort sur deux rencontres appuyées. Conde laissa toute la lidia aux subalternes pas au chômage avec lui toute la tarde. La faena fut assez théâtralisée avec quelques figures géniales rappelant ce toreo unique entre le flamenco et la torería classique. Il nous gratifia de quelques passes et cites originelles de son répertoire repris depuis par les toreros actuels. Mais c’est bien le maestro baroque de Malagua qui les inventa il y a quelques années. La mise à mort fut calamiteuse divisa les opinions. Divison

Roman Perez dans un habit vert et argent canalisa avec son capote flétri un La Quinta fougueux qui démonta les tablas à deux reprises. Brave et encasté le toro au sang bleu offrit avec générosité des charges limpides sans arrêt. Brindis attentionné à Juan Bautista présent dans les gradins et récent acquéreur de vache du la finca « Fuen la Higuera ». Roman Perez embarqua l’animal avec ampleur et distance sur le côté droit. Des séries enjoués bien en cadence mais répétitives finissant en tourniquet. À gauche l’Arlésien ne réussit pas à convaincre son opposant ni l’aficion. Au métier, les circulaires finales et une entière légèrement basse firent tomber deux oreilles généreuses à mon goût et un mouchoir bleu pour un très bon exemplaire.

 

Le quatrième était plus réservé de sortie et donna du fil à retordre au capote de Stéphane Fernandez Meca. Le tercio de pique fut mémorable, merci Monsieur Meca ! Comme dans ses meilleurs jours, il sût au détriment de quelques séries de plus mettre au maximum l’auroch en valeur. Gabin Rehabi en plein doute depuis quelques mois montra un visage triomphant pour l’occasion. Quatre piques crescendo plus un regatón augmentant chaque fois la distance. Brega parfaite de Mehdi Savalhi et trois paires de bâtonnets supérieures de Morenito d’Arles et Miguelito. Brindis à Renaud Ripart, le footballeur vedette des crocos de Nîmes et aficionado assumé. La faena fut sérieuse et digne sans atteindre des somments. Le toro partant de loin avec classe mais il ne dura pas dans la muleta affirmé du cinquantenaire. Avec les estocs la magie s’arrêta mais comment lui en vouloir. Après avoir longuement ovationné “Bravito” le public ne se trompa point en insistant pour que le maestro réponde à l’ovation unanime et une vuelta partagée avec l’intégralité sa cuadrilla dans un moment de fraternité taurines et grande humilité.

Au cinquième changement de décor avec la tauromachie fragile du torero Andalou. Meca en bon chef de lidia sortit du pétrin un peons mal embarqué. Quelques éclairs de génie gravés sur la pellicule photos mais cela resta précautionneux dans l’ensemble. Sortant souvent par le haut et avec le pico de la muleta comme figure de proue. Les clins d’œil sympathiques de Javier Condefurent insuffisants pour trancher une oreille malgré une lame entière peu orthodoxe mais efficace. Ovation

Le dernier âgé de cinq ans et proche des 600kg était de la dynamite. Brave et encasté, le toro domina les débats malgré deux grosses rations de fer poussant en brave. Autre grand tercio de banderilles avec Marco Leal cette fois. Répondant aux moindres sollicitations ce toro était un régal à voir. Etirant le cou au maximum dans l’embestida allant au bout de ses idées de combattant. Le Français fit un copié coller de sa première prestation évitant également la corne gauche. Le toro finissant au centre au commandement des opérations. Une lame al encuentro Roman Perez coucha le brave. Pétition minoritaire convertit en oreille et vuelta légitime du mayoral