TIBO GARCIA, 67eme matador de toros français

TIBO GARCIA, 67eme matador de toros français

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Dimanche peu après 18h, Tibo Garcia deviendra le 67eme matador de toros français de l’histoire et le troisième à recevoir le sacrement en cette temporada 2019 après Adrien Salenc et Dorian Canton.

Tout jeune, rien ne prédestinait Tibo, à croiser la route des toros, ni même devenir le Tibo Garcia qui dimanche sera vêtu de lumières pour l’une des journées des plus importantes de sa carrière. Tibo fut néanmoins très vite happé par le virus du toro bravo, en 2009 lors d’une Feria d’Arles où officiaient deux maestros français de renom que sont Juan Bautista et Sébastien Castella.

Au sein d’une famille soudée et unie, ses proches l’ont toujours soutenu dès son entrée à l’école taurine d’Arles où il restera un an avant de rallier celle de Béziers puis Nîmes pendant deux ans.

Le 30 juin 2013, Tibo débute dans la catégorie des novilladas sans picadors à Rieumes. S’en suivent dix autres prestations au cours desquelles le jeune nîmois coupe la bagatelle de 15 oreilles et deux queues. L’année suivante s’annonce des plus riche et passionnante mais un terrible accident de voiture le prive de la temporada 2014. L’année 2015 verra le jeune torero apodéré par Serge Almeras dominer la temporada de la tête et des épaules, toréant pas moins de 29 novilladas sin caballos, et remportant notamment le prestigieux Bolsin de Bougue ainsi que le Bolsin Nîmes Metropole dans les arènes de Rodilhan.

L’année 2016 fut celle des débuts dans la catégorie des novilladas piquées, le 13 mars 2016 à Samadet.

Torero calme et serein en piste, Tibo va rapidement s’adapter au rythme imposé par le novillo de trois, plus volumineux et réfléchi que l’eral dans la catégorie inférieure.

Après une temporada de rodage, la saison 2017 s’annonce des plus excitantes pour Tibo qui y fera le paseo à dix-septs reprises. Tout se passe bien et Tibo se présente même à Madrid le 15 juillet. Mais dans le toreo plus que dans tout autre art, le moral demeure comme l’un des éléments primordial à l’épanouissement de l’artiste. Un moral peu à peu effrité à mesure que la temporada se consume… Tibo avait progressivement perdu l’illusion. Il dit stop, préférant se retirer des pistes plutôt que de n’être que l’ombre de lui-même. Une sorte de burn-out, un besoin de s’isoler. Les toreros ne sont que des hommes.

 

Un temps de repos salvateur pour Tibo, épaulé par ses proches, sa famille, plus unie que jamais. Six mois plus tard, le déclic… Tibo a mûri, s’est enrichi de ses six mois de coupure et désormais il sait ce qu’il veut, plus que tout : toréer à nouveau.

A présent épaulé par Jeremi Banti, qui avait senti la motivation et compris le spleen passé du jeune torero, Tibo va prendre son mal en patience et répéter les heures d’entrainement. Deux novilladas seulement en 2018. A Beaucaire face aux utreros du Marquis d’Albaserrada, le nîmois sauve la tarde du naufrage et coupe une oreille. Fin septembre, à Rion des Landes, il affichera en grand son plaisir de toréer et coupe deux oreilles et la queue d’un novillo de Jean-Louis Darré.

Désormais guidé par le duo Lescarret-Banti, Tibo revient petit à petit dans le circuit et débute sa temporada 2019 en Arles. Puis retour à Madrid pour une prestation digne, face à un lot de « novillos » très compliqué. A Tarascon quelques jours plus tard, il torée plus relaxé que jamais, montrant un plaisir et une envie qui ravirent ses plus fidèles supporters. Dernière novillada officielle le 20 juillet dernier à Mont-de-Marsan au cours de laquelle Tibo aurait pu couper une oreille sans une épée capricieuse.

Depuis, Tibo n’a de cesse de répéter ses gammes, dans l’intimité du campo, à l’abri des regards, il se perfectionne pour ce jour tant attendu, si important dans une carrière de torero. Tibo sait maintenant plus que quiconque que sa vie est faite pour le toro et qu’il est prêt à tout donner pour lui. Ce passage dans la cours des grands, il en a besoin, pour lui, sa famille, ses proches, pour les aficionados qui ont toujours cru en lui… Cette alternative, il ne la doit qu’à lui, pour avoir surmonté les épreuves de la vie, pour avoir su remonter le chemin sur lequel il s’était arrêté, pour toutes les difficultés du monde taurin que Tibo a du affronter…

Torero fin et classique, Tibo semble à présent aussi calme que déterminé. Le cartel est sublime, les arènes devraient être abondamment garnies. L’histoire est belle, car il y’a dix ans tout juste, Tibo découvrait la tauromachie avec, sur cette piste aux étoiles un certain Sebastien Castella. Dix ans plus tard, le maestro de Béziers lui confèrera une place parmi les grands…

Tibo me confiait récemment avec une certaine nostalgie, que sa mamie, décédée il y a quelques mois et qui vivait à Saint-Gilles, aurait rêvé de voir son petit-fils toréer dans sa ville… Dimanche, la journée sera belle. Tibo dans un sublime costume taillé pour l’occasion cheminera vers son rêve, comme guidé par les cieux…

Suerte !!!

 

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