Joachim Cadenas : « Je vis pour que vivent la course camarguaise et les taureaux… »

Joachim Cadenas : « Je vis pour que vivent la course camarguaise et les taureaux… »

Joachim Cadenas : « Je vis pour que vivent la course camarguaise et les taureaux… »

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Joachim Cadenas : « Je vis pour que vivent la course camarguaise et les taureaux… »

À Saint Georges d’Orques, quand sort AÏOROS je n’ai pas d’appréhension, c’est un taureau difficile qu’habituellement je maitrise. Je travaille le taureau et ouvre la ficelle.

La ficelle est démarmaillée. Il ne reste qu’un tour. Je ne réfléchis pas car je suis guidé par le plaisir et l’adrénaline . J’envoie ma main dans les cornes a la rencontre du taureau et le taureau repousse mon bras qu’il ne repousse pas habituellement. Il baisse sa tête. Si je veux lever la ficelle, il me faut allonger mon raset pour que le taureau relève ses cornes et qu’ainsi je puisse ajuster mon crochet. Mais à l’inverse de son habitude AÏOROS ne relève pas ses cornes. J’ai la ficelle à portée de bras, je décide de plonger dans la tête du taureau consciemment. Et là en plein raset, AÏOROS m’envoie sèchement deux coups de corne dans la poitrine. Je sens une douleur violente du côté du cœur. J’ai l’impression que mon cœur se déchire, que mon poumon ne fonctionne plus et l’artère dans mon cou gonfle. Je pense que je suis troué, que mon cœur est touché.

Le taureau me fait trébucher et je tombe devant la barrière. Là il me reprend avec violence. Pour m’en libérer, j’essaie de lui attraper les cornes je sais que les taureaux n’aime pas ça. J’essaye de le faire partir, j’esquive avec les jambes, mais il est comme fou de colère. De rage, il ira sauter plus loin pour me retrouver. Je suis évacué.

À l’infirmerie on constate que j’ai une plaie ouverte par le coup de corne . Mais le docteur de garde s’aperçoit que j’ai le poumon touché, avec des côtes surement fracturées.

Je suis admis à l’hôpital Lapeyronie de Montpellier, on me diagnostique deux trajectoires de coup de corne interne qui ont fracturé deux côtes et creusé deux trajectoires dans le poumon en le traversant juste à côté du cœur. On m’a opéré le soir même pour libérer et drainer par 2 voies le poumon en raison d’un hémopneumothorax.

Je comprends que j’ai reçu deux énormes coups de corne dans la poitrine qui auraient pu me coûter le vie.

> Je suis hospitalisé en soins intensifs en réanimation pendant 4 jours et ensuite je séjourne dans le service de chirurgie cardio-thoracique.

Je suis maintenant en convalescence et sous surveillance.

La guérison va prendre du temps .C’est mon organisme qui décidera de la longueur de ma convalescence. Pour l’instant je dois me reposer, faire de la marche quotidiennement pour résorber l’emphysème sous cutané et retrouver la fonction de mon poumon. Ensuite ce sera une rééducation cardio-pulmonaire plus poussée pour retrouver tous mes moyens.

Je suis suivi par le docteur Christian Fournols qui tous les jours m’apprend à réagir.

 

Bien sur c’est douloureux, mais la blessure fait partie de notre métier et de notre quotidien. On ne doit jamais oublier que nous jouons notre vie a chaque course en s’engageant sincèrement. Car je veux rendre aux taureaux tout ce qu’il m’a apporté et qu’il m’apporte encore chaque jour. C’est tout simplement ma raison de vivre, j’ai envie de faire plus.

J’ai hâte de retrouver les taureaux, le public et les arènes. Je remercie tous ces beaux messages de soutien qui m’ont beaucoup touché.

CADENAS JOACHIM

Photo Lou Renaud

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