JULIEN REY… le prodige du raset

Les sources divergent. Selon certaines, Julien Rey serait né dans la courant de l’année 1903 à Beaucaire.

Précoce, Julien Rey s’initie très tôt dans l’art du raset. Tout jeune, une dizaine d’année à peine et l’intrépide petit garçon s’en va défier les vachettes dans les courses au plan de la région. Une passion des pistes, viscérale, qui ne le quitta plus jamais, arpentant les arènes de Provence et du Languedoc jusqu’à l’âge de cinquante-cinq ans.

Une carrière des plus lumineuses, prestigieuse, éclatante et triomphale. Un monument du raset qui fit comme adversaire complice un certain Sanglier, de Granon, excusez du peu.

Garçon timide, presque craintif, Julien Rey s’accommode avec plaisir de la rude et protectrice compagnie des plus anciens, qu’ils soient collègue d’agriculture, ou raseteurs. Fasciné par le taureau, Rey, en aura le plus grand respect et apprendra de la force de cet animal sauvage, qu’il chérit et adule par-dessus tout.

Le biou de l’époque : Le Sanglier ! Et quel biou ! Une terreur, un cauchemar pour les tenues blanches. Un ogre prêt à tout emporter sur son passage. Pas pour Rey le téméraire.

Sur les gradins c’est la stupéfaction. Comment un gamin, de même pas vingt printemps, mince, presque maigre, grand comme trois pommes pouvait avoir le cran d’affronter ce taureau terrifiant.

En aout 1925, à Beaucaire le Sanglier réintègre au toril pour plus de 25000 francs d’attributs. Seul Rey, par trois fois aura réussi à lui toucher le frontal.
Lors d’une de ses rencontres avec le Sanglier 12000 spectateurs s’entassent aux arènes de Nîmes, le train en provenance du Grau de Roi bondé, ne parvient pas à gravir la montée de Générac, les afeciouna sont obligés de descendre pendant l’ascension de la machine !

Durant la carrière du fauve de Fernand Granon, seul 63 attributs lui furent enlevés. Dont un tiers pour le seul artiste beaucairois.

Julien Rey, volait par-dessus les barricades. Filait comme une balle sifflante devant les cornes des plus dangereux cocardiers de l’époque. Ne prime que l’élégance et la vista. La peur, il la laissait aux vestiaires.

Julien Rey a pour lui comme fait d’arme d’être la première tenue blanche à voir son nom apposé sur les affiches à une période où seules manades et cocardiers y avaient droit. Nous sommes en 1928. Cette année-là le beaucairois remporte devant son public, la Palme d’or, et remet la somme de 100 francs aux pauvres de la ville.

En 1930 alors que les points n’existaient pas encore, Rey leva plus de 600 attributs durant les 57 courses où il prit part durant la temporada.

Le 10 avril 1937 il est à l’origine de la création de “l’amicale des raseteurs”, une caisse de solidarité pour secourir les raseteurs blessés qui sera alimentée par des cotisations de raseteurs, manadiers et organisateurs.

Julien Rey était une légende, passé maitre dans l’art du raset, d’une élégance rare. Intuitif, classe, brillant, spectaculaire à souhait, très respectueux et logiquement aimé. Il souleva l’ovation de toutes les arènes du midi de la France de par son tempérament enjoué et à la fois gagneur.