DAMIEN MOUTET

Retrouvez le reportage complet sur Toril TV => https://toril.tv/programs/damien-moutet

L’abnégation est une des vertus essentielles d’un raseteur. Elle engendre parfois de graves souffrances physiques, mais elle est nécessaire à l’accomplissement de la passion. Raseter demande d’être passionnément vertueux. La vertu est une qualité qui implique d’avoir du courage, de surmonter sa peur, et surtout d’avoir la force de caractère qui permet de dépasser la terreur qu’engendre une blessure.
Damien Moutet, lui, l’a dépassée plusieurs fois !

Il a payé par le prix du sang, la vertu des sages. En raccrochant l’armure blanche cette saison, il accède au repos du guerrier bien mérité. C’est avec les honneurs de l’aficion qu’il clôture sa carrière.

Rappelons-nous du sacrifice du guerrier fosséen au grand sourire et aux yeux bleus, qui a bien mérité de sortir sous les feux de la rampe, en ayant marqué avec le rouge de son sang, son empreinte dans la course camarguaise.

Quel est ton meilleur souvenir en Course Camarguaise ?

J’en ai plusieurs. Mon plus gros souvenir est à l’Avenir, une finale du gland d’or à Montfrin, avec Mathis de Lautier. J’étais le seul à le raseter, une grosse course ! Mais aussi, une finale du Trophée de la Mer au Grau du Roi avec Yvan du Pantaï, Renoir de Cuillé. Un super souvenir où j’ai été acclamé par le public pour venir chercher mon prix. J’ai beaucoup de souvenirs avec des taureaux, des raseteurs, des rasets… A St Gilles, j’ai le souvenir d’un quart d’heure avec des rasets impressionnants à Andalou. J’avais cette fougue de la jeunesse, je calculais moins. C’est pour ça qu’il vaut mieux commencer jeune. Plus on prend de l’âge, plus on calcule.

Quels sont les taureaux qui ont marqué ta carrière ?

Ce sont les taureaux qui m’ont fait le plus peur : Yvan, Montvert, Mathis aussi, un bon taureau mais qui me faisait moins peur. Andalou également était un taureau très difficile qui aurait mérité un Bioù d’or. Pour moi le taureau le plus difficile que j’ai raseté dans ma carrière, c’est Garlan. J’avais du mal à dormir la veille quand je savais que je devais l’affronter le lendemain. Je n’étais pas un grand raseteur, mais mon défi était de raseter tous les taureaux. J’ai de bons souvenirs avec Garlan, lors d’une grande course à Lunel où je lui fis un raset de fou et où je m’en suis sorti par miracle. J’ai toujours levé sur les grands taureaux, même sur Garlan, car je me forçais à réussir, à le faire, pour sortir du lot. Aujourd’hui, les mentalités ont changé, il y a moins cette envie de réussir, de se surpasser.

Quel est le bilan de ta carrière de raseteur ?

J’aurais aimé gagner plus de trophées. Mais je n’étais pas un gros leveur de rubans. Ma carrière a été ce qu’elle a été. J’avais envie de gagner. Quand je rentrais en piste, je voulais être le meilleur. C’est ce qui a bien changé aujourd’hui. Pour moi, raseter, c’est être le leader, mener la course, être le numéro un.
Je suis un raseteur par passion. J’aurais aimé faire mieux, j’ai quelques regrets. Mais je me suis toujours remis en question pour mieux avancer. Après chaque blessure, je me suis toujours relevé. Les coups de cornes n’ont pas été pour moi des blessures graves. Les blessures graves ont été physiques avec mon genou qui m’a empêché de réaliser ma passion pleinement. Je suis fier de moi d’avoir pu revenir plus fort pour gagner.

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