Goya de Laurent, en trois dates.

S’il est un taureau qui a révolutionné l’univers de la Course Camarguaise, c’est Goya. Le taureau des Marquises, biou d’or en 1976. Son nom est connu de tous et ceux qui ont eu la chance de le voir en piste en conserve un souvenir indélébile. Fougueux, combatif, joueur, intelligent, coquin et sauvage… à son entrée en piste, il faisait siennes les règles du jeu.

Un taureau dont le seul nom remplissait les théâtres. Aux aguets sur les tourneurs, il obligeait les raseteurs à partir de loin, à découvert et les poursuivait en contre piste. Un taureau redoutable. C’est qu’il avait le combat dans les gênes. Bon sang ne saurait mentir lorsque l’on est le petit fils de Vovo,et le  fils de Loustic. Doté d’une vélocité hors du commun, personne en piste ne pouvait bouger un pied sans qu’il ne s’en aperçoive.

Le raseteur Ménéghini disait  » Quand Goya entre en piste, moi je monte sur les gradins ».

Nous avons sélectionné trois dates qui retrace la carrière de ce célèbre cocardier.

Dimanche 7 septembre 1975. Goya n’a plus couru depuis le 30 avril de la même année dans la piste beaucairoise, la faute à une boiterie persistante. Mais Goya est difficilement approchable. Ses propriétaires essayent plusieurs fois de la mettre dans un enclos. En vain, Goya plus malin que jamais, s’échappe.

Paul et Henri Laurent le laissent maître du jeu et progressivement la boiterie s’estompe. Il retrouve donc les pistes lors d’un concours de manade de fin de saison, à Beaucaire donc. En supplément, dix minutes. La foule est énorme. Lorsque Goya apparait dans les arènes du Pré c’est le délire, le public l’acclame telle une rock star. D’emblée il catapulte Georges Rado. Goya est de retour et en dix minutes prouve qu’il est toujours lui même.

Dimanche 11 octobre 1976. Nîmes accueille la finale du Trophée des As, vingt-cinquième du nom. La foule est considérable. Les meilleurs cocardiers et les meilleures tenues blanches. Goya, comme à son habitude, vif et dominateur, excelle dans la piste ovale de la cité des Antonins. Il regarde les hommes d’en haut et s’impose en maitre des lieux, créant de l’émotion. Et de la peur même, lorsqu’il cueille un spectateur derrière un burladero. En cette temporada 1976, le cocardier des Marquises est sacré Biou d’or. N’en déplaise à ses détracteurs.

Dimanche 6 septembre 1981, Beaucaire. Goya fait ses adieux. La cent dix septième course de sa carrière. Âgé de dix sept ans. Le matin, au domaine familial, c’est non sans émotions que gardians et amis voient monter le fauve dans le char pour la dernière fois. Comme d’habitude les arènes, aujourd’hui « Arènes Paul Laurent » sont pleine à craquer. Goya ferme la marche. Sa course est brève. Un raset d’anthologie de Patrick Castro, comme un symbole. Goya, malgré le poids des ans, toujours aussi majestueux réintègre le toril. C’est fini.

Tard dans la soirée, dans la lumière discrète de cette fin d’été, la camion regagne les pâturages, à l’intérieur, entouré de ses frères et en pleine force de l’âge, Goya. Il laisse à jamais derrière lui, les couloirs sombres des torils et les portes grinçantes, comme tremblante à l’idée de croiser le fauve.

Bientôt, Goya le majestueux regardera partir la relève vers les pistes ou il régnait jadis en maître. Et doucement s’endormira dans cette plaine sauvage qu’il a si souvent parcouru avant de s’éteindre cinq ans plus tard le 31 janvier 1986.

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