LA CHRONIQUE DE ROMAIN BOFI – 53 ans après, François Canto

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Le 10 mai 1965 dans les arènes de Beaucaire se déroulait une grande course, à laquelle le raseteur Francois Canto participait avec les AS du moment SOLER, SAN JUAN, PASCAL, ce quatuor, qui faisait alors les beaux jours de la Course Libre.

Et à la barrière à droite par rapport à la présidence municipale, le taureau AUREILLOIS de la manade Chauvet-Chapelle lui infligeait une blessure, si grave, qu’elle entrainait sa mort malgré tous les soins prompts et rapides, qui lui furent prodigués. De l’arène à la clinique Mme Mireille CANTO avait fait le maximum pour éviter le plus possible la perte de sang avec un courage absolument méritoire.

Hélas ! le raseteur éternellement souriant succombait !

Il n’était pas précisément méridional d’origine. En effet il était né en 1930 à Issy les Moulineaux et sa famille composée du père, de la mère, de deux garçons et trois filles vint s’établir à Beaucaire. Le père CANTO trouva un emploi à l’usine des ciments français à Beaucaire. Mais tout de suite le sort devait s’acharner sur cette famille ouvrière.

Le frère cadet Manuel en roulant sur les escaliers se fracture le bassin et on doit procéder à une amputation de la jambe. En 1944 ce dernier vraiment poursuivi par la malchance passe entre les planches du pont de fortune sur le Rhône et se noie.

C’est le premier malheur dans la famille, qui devait être suivi en 1952 par le décès du père Jean Canto. Dès ce moment là François devenait le chef de famille avec toutes les responsabilités que cela comportait : il a contribué à soulager sa mère et à élever ses trois soeurs plus jeunes et c’est peut être ce désir d’apporter davantage à la famille qui, dès 1952, l’a lancé dans l’arène.

Lui même employé à la Société des Ciments Français à Beaucaire, il allait ainsi apporter un supplément de ressources à sa mère et à trois soeurs, qui ne pouvaient que compter sur lui. On peut mieux ainsi mieux mesurer le fond de coeur de celui, qui emporté par la trop grande tristesse, en était arrivé à toujours sourire même lorsqu’il était en danger dans la piste.

Il devait d’ailleurs prendre très au sérieux ce métier de raseteur ; il est vrai qu’il fut « drivé » par cet extraordinaire meneur d’hommes, que fut ANDRE SOLER, qui fut pour lui plus qu’un ami. Avant que ce dernier ne soit connu, François CANTO gagnait le Trophée des Raseteurs devant lui. Ce fut le départ d’une amitié qui ne se démentit jamais. L’homme en blanc prenait de l’étoffe au contact d’un super raseteur, qui lui donnait l’exemple et l’encourageait de la voix et du geste. Partout dans toutes les pistes de Provence et du Languedoc ils étaient ensemble ; il eut semblé qu’il manquait quelque chose, s’il y avait eu l’un sans l’autre.

Il y a l’allée François CANTO qui conduit aux arènes de Beaucaire, mais aussi au cimetière un cénotaphe réalisé avec le concours de tous, qui perpétuera toujours le souvenir de ce raseteur souriant.

 

Publication CAMARIGUO – Janvier 1976 – Texte de Mario – Photo George

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